Comment vraiment diminuer notre consommation d’énergie ?

La France s’est engagée à réduire sa consommation d’énergie de 20% d’ici 2020, et le Président de la République est même allé plus loin en fixant un objectif de division par deux de la consommation d’ici 2050. Pour réussir ce pari, les instruments existent mais restent flous pour beaucoup. Myriam Maestroni, présidente de la société Economie d’énergie, détaille pour la Tribune de l’énergie les principaux leviers de réussite.

energie verteTout le monde doit devenir un « consom’acteur »

« Si l’accent, au départ, a été mis sur le CO², on s’est aperçu tardivement que la seule énergie qui n’émet pas de gaz à effets de serre, c’est l’énergie que l’on ne consomme pas », tient d’abord à rappeler Myriam Maestroni. Et pour consommer moins d’énergie, il faut dans un premier temps identifier les secteurs les plus énergivores pour ensuite trouver les solutions les plus adéquates à la diminution de la demande énergétique.

« Ce travail a été fait, et tout le monde est concerné, ajoute la dirigeante. On distingue trois grands segments d’action en fonction des utilisations : le logement, responsable de 40% de la consommation d’énergie finale du pays, les transports et le segment qui réunit l’industrie et l’agriculture ».

Les énergéticiens doivent jouer un nouveau rôle

Ce changement de cap dans lequel s’engage la France aux côtés d’autres pays implique que les missions des énergéticiens évoluent. Elles sont même bouleversées, souligne Myriam Maestroni :

« Cet enjeu crucial oblige les énergéticiens à jouer un nouveau rôle. Leurs clients continuent à consommer de l’énergie mais deviennent des économiseurs d’énergie. Il ne suffit donc plus de vendre de l’énergie, il faut conseiller et aider à maîtriser la consommation de chacun ».

Les énergéticiens doivent donc davantage comprendre les consommateurs. Pour ce faire, ils ont notamment besoin de données dont ils n’avaient pas l’utilité avant, comme le type de chaudière, le nombre de pièces et de personnes dans un logement. Et les compteurs intelligents, par exemple, sont l’un des premiers leviers en leur possession pour analyser les comportements énergétiques et ensuite proposer des solutions « sur mesure ».

Pour les particuliers, trois leviers

Avec 32 millions de foyers, le logement est un secteur cible pour réaliser une forte économie d’énergie, mais pour y parvenir, il convient de réaliser un travail au cas par cas. Les solutions ne peuvent donc s’imposer de manière généralisée.

Pour les logements neufs, l’Etat a fixé de nouvelles normes de construction, en termes d’isolation notamment, qui limitent fortement la consommation d’énergie. « Mais depuis l’apparition du diagnostic de performance énergétique (DPE) obligatoire pour toute location ou vente, on a pu constater que plus 15 millions de logements consommaient trop (entre D et G) », lance la présidente d’Economie d’énergie. Les particuliers peuvent alors actionner trois leviers, superposables :

« Le comportement, ces petits gestes qui multipliés peuvent faire économiser 5 à 7% d’énergie [dégivrer son réfrigérateur, débrancher les appareils qui ne sont pas utilisés…]. L’investissement ensuite. Et donc faire ce qu’on appelle de la rénovation énergétique [changement de chaudière, des fenêtres, isolation…]. Et enfin, les technologies qui vont permettre de mieux piloter la consommation d’énergie d’un logement, et  surtout d’accompagner la connaissance pour disposer d’une information plus fiable pour agir ».

Des aides financières pour booster les investissements d’économies d’énergie

Les investissements de rénovation énergétique et pour des technologies doivent être consentis par tous les consommateurs, qu’il s’agisse de particuliers ou d’entreprises.

Pour les premiers notamment, l’Etat a mis en œuvre des mécanismes financiers censés donner l’impulsion aux investissements en faveur des économies d’énergie : le crédit d’impôt transition énergétique (ancien CIDD) et une TVA réduite sur le coût des travaux. De leur côté, les distributeurs d’énergie, obligés par l’Etat à réaliser des économies d’énergie via le système des certificats d’économie d’énergie, accordent des primes énergie à leurs clients pour obtenir des certificats. Myriam Maestroni explique :

« Si on installe une chaudière neuve ultra-performante dans le nord et qui coûte entre 3 500 et 4 000 euros, on peut ainsi espérer une prime énergie d’environ 350 euros cumulable avec un crédit d’impôt se montant à environ 1 100 euros. Ces mécanismes permettent donc d’amortir 35-40% du coût d’une installation, avant de pouvoir économiser sur sa facture d’énergie grâce à un matériel beaucoup moins gourmand en énergie ».

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Dans les entreprises, identifier les besoins et optimiser les process

Les entreprises ont, suivant leurs activités, des consommations d’énergie très différentes. Celles du tertiaire dont la consommation se concentre avant tout sur les postes éclairage, chauffage et informatique peuvent largement profiter des systèmes d’optimisation énergétique, permettant de piloter l’éclairage par des capteurs de présence par exemple.

Pour les entreprises agricoles, agro-alimentaires ou les diverses industries du pays, la première chose à faire va être « d’analyser les process de chacune d’entre elles et d’impliquer fortement les salariés », estime encore Myriam Maestroni. « Prenons l’exemple de la distribution alimentaire, une enseigne qui aura isolé ses produits frais et surgelés par des vitrines non seulement consommera moins mais en plus augmentera sa marge sur le prix de revient d’un produit ou pourra en diminuer le prix », indique-t-elle.

Après quoi il faudra sensibiliser les employés, grâce à des approches plus innovantes que les formations traditionnelles, basées sur le « learning by doing » par exemple.

Dans les transports, favoriser le partage et les nouveaux « carburants »

Comptabilisant quelque 30% de la consommation d’énergie finale du pays, les transports doivent être repensés pour réduire leur besoin en énergie.

Le partage est de ce point de vue opérationnel dès aujourd’hui, qu’il s’agisse des transports en commun ou de nouvelles plateformes de partage des véhicules, à l’image de Blablacar. « Les voitures individuelles, elles aussi, évoluent. Les motorisations traditionnelles consomment de moins en moins et elles pourront progressivement être remplacées par des motorisations hybrides, électriques ou alimentées par de nouveaux carburants », poursuit Myriam Maestroni.

L’innovation va aujourd’hui bon train dans ce secteur. Et, au-delà, une réflexion plus globale s’organise  sur les moyens de moins se déplacer. « Les questions du télétravail ou de smart cities portent aussi cet enjeu de moindre consommation », relève notre experte.

latribune.fr

 

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