La CCI accompagne les entreprises dans leur transition énergétique

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Brigitte Vallée, chef de projet environnement développement durable à la CCI Paris Ile-de-France, nous éclaire sur le soutien apporté par la CCI aux entreprises afin qu’elles puissent mettre un pied dans la transition énergétique.

Affiches Parisiennes : Quel est votre rôle au sein de la CCI de région Paris Ile-de-France

Brigitte Vallée : Mon rôle consiste à concevoir et piloter les programmes d’accompagnement des entreprises franciliennes sur les thématiques de la transition écologique et énergétique. Nous accompagnons souvent de petites PME. Je travaille donc avec les huit CCI d’Ile-de-France pour concevoir différents programmes en matière de système de management environnemental type ISO 14001, prévention des déchets et éco-conception, RSE (responsabilité sociétale et solidaire, ndlr)… D’ailleurs, nous démarrons un nouveau programme à la rentrée en matière d’efficacité énergétique. Nous avions déjà réalisé un programme sur le diagnostic énergétique, en partenariat avec l’Ademe (Agence de l‘environnement et de la maîtrise de l‘énergie, ndlr) et la Direccte (Directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi, ndlr), dans les départements des Yvelines et du Val-d’Oise qui avait permis d’accompagner une quarantaine d’entreprises entre 2011 et 2014.

A.-P. : En quoi consiste ce nouveau programme ?

B.V. : Nous venons de publier un marché pour sélectionner un cabinet d’étude spécialisé en ingénierie thermique qui puisse accompagner les entreprises en matière d’efficacité énergétique. Ce programme comporte deux phases : une première phase de réalisation de diagnostic énergétique dans les entreprises et une seconde sur la mise en place de la certification ISO 50 001. Le but est de proposer des solutions innovantes aux entreprises en matière d’efficacité énergétique, aussi bien sur tout ce qui est process industriels, développement des énergies renouvelables, récupération des énergies fatales*, rénovation du bâti, travail sur les « facilités » (production de froid, de vapeur et d’air comprimé) très énergivores, que sur de l’ingénierie financière. Pour la seconde phase, nous allons accompagner les entreprises jusqu’à l’audit blanc, préparatoire à la certification ISO 50 001, une norme internationale de système de management de l’énergie. Les entreprises peuvent s’arrêter à la première phase avec le diagnostic, le plan d’actions et l’ingénierie financière, ou aller jusqu’à la préparation à la certification. Ce programme sera lancé en septembre et les accompagnements d’entreprises démarreront dès le mois d’octobre. Les huit CCI d’Ile-de-France vont participer en partenariat avec les principaux acteurs publics de la Région.

*L’énergie fatale représente l’énergie produite par un processus dont la finalité n’est pas la production de cette énergie. Ainsi, c’est une énergie souvent perdue si elle n’est pas récupérée et/ou valorisée. Les énergies fatales sont de diverses natures : chaleur, froid, gaz, électricité. Elles sont issues de process, d’utilités ou de déchets : cogénération, fours, tours aéroréfrigérantes, compresseurs, fumées, incinération, biogaz, réacteurs, ventilation des locaux, des eaux usées…

A.-P. : Quels conseils la CCI prodigue-t-elle aux PME pour se lancer dans la transition énergétique ? Intégrer la pratique de l’effacement* par exemple ?

B.V. : Nous ne l’avons pas inclus explicitement dans le cahier des charges, mais la mise en place de l’ISO 50 001 permet aux entreprises d’anticiper sur les mesures organisationnelles à mettre en place en cas d’effacement électrique pour savoir où reporter ou diminuer ses consommations énergétiques en cas de pic de consommation, d’électricité notamment.

* L’effacement consiste, en cas de déséquilibre offre/demande d’électricité, à réduire provisoirement la consommation physique d’un site donné ou d’un groupe d’acteurs par rapport à sa consommation habituelle.

A.-P. : Quels types d’aides ou exonérations de taxes existent-ils ?

B.V. : Pour les entreprises, c’est tout à fait différent des crédits d’impôts qu’on peut connaître en tant que particulier. Les actions un peu « classiques », qu’un dirigeant d’entreprise peut prendre en matière d’isolation, etc., ne sont pas aidées jusqu’à présent. A ma connaissance, il y a essentiellement le Fonds chaleur géré par l’Ademe, qui aide  les projets de production de chaleur à partir d’énergies renouvelables et de récupération d’énergie. Avec la loi sur la transition énergétique qui vient d’être adoptée, il va y avoir un renforcement du Fonds chaleur. On attend maintenant les décrets d’application qui devraient arriver d’ici à la rentrée.

Propos recueillis par Anne Moreaux


Le fonds chaleur comme levier financier de la transition énergétique

Créé en décembre 2008, le fonds chaleur a été mis en place afin de soutenir la production de chaleur à partir de sources renouvelables. Il soutient le développement de l’utilisation de la biomasse (sylvicole, agricole, biogaz…), de la géothermie (en utilisation directe ou par le biais de pompes à chaleur), du solaire thermique, des énergies de récupération, ainsi que le développement des réseaux de chaleur utilisant ces énergies. Durant la période 2009-2013, il a été doté de 1,12 milliard d’euros pour soutenir plus de 2 900 réalisations. Ce fonds vient d’être valorisé par la loi Royale sur la transition énergétique pour la croissance verte, récemment votée, qui vise à favoriser la chaleur renouvelable grâce à un soutien financier renforcé et à la priorité donnée au raccordement aux réseaux.

Source: www.affiches-parisiennes.com