L’Afrique anglophone en route pour la COP 21

Ségolène Royal a choisi de ne pas prendre de vacances. La Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie est depuis le 2 Août en tournée en Afrique anglophone, dans le but de préparer la COP 21. La tournée se terminera par le Ghana. Au programme également, la Namibie la Zambie et le Botswana.

Donner toute sa place à l’Afrique

Les pays visités par la Ministre ne figurent pas au rang des principaux pollueurs et émetteurs de CO2. Mais il est important que le plus d’États possibles soient mobilisés en amont. Le but est aussi de mieux intégrer les pays africains, qui ont jusqu’alors souvent été marginalisés dans les précédentes négociations climatiques même s’ils figurent parmi les principales victimes du dérèglement climatique, notamment de la désertification et de la perte de biodiversité. De ce fait, ils ont parfois des solutions à proposer et ont une approche novatrice de la question.

De plus, il faut que les pays Africains soient mieux considérés dans les discussions afin que suffisamment de moyens financiers soient débloqués pour leur permettre d’adopter des politiques environnementales ambitieuses. En effet, sur les 10 milliards annuels que le Fonds Vert était censé apporter aux pays en développement pour la transition énergétique, seuls 5 milliards sont disponibles actuellement.

Une opportunité de développement

Comme cela a été dit pendant la rencontre entre Mme Royal et le Président zambien Edgar Lungu, les énergies renouvelables pourraient aussi permettre aux pays africains de réduire leur facture énergétique à l’égard de l’étranger, notamment celles dues aux importations de pétrole. Les pays d’Afrique anglophone bénéficient en effet souvent de conditions propices au développement des énergies renouvelables,développement qui n’est actuellement pas mis en œuvre faute d’investissement. Dans l’exemple de la Zambie, les conditions solaires sont très favorables, et le pays dispose d’une ressource forestière importante peu ou mal exploitée. Si les forêts sont bien gérées, il sera en effet possible de les exploiter tout en endiguant le phénomène de déforestation actuel.

Les pays africains s’engagent

Les contributions nationales à la COP 21 au 11/08/15. Source : diplomatie.gouv.frPour l’instant, trois pays africains ont envoyé officiellement la contribution que chaque participant est censé envoyer avant la COP 21. Et une chose est sûre, les efforts qu’ils seraient prêts à consentir sont tout sauf anodins. Ainsi, le Gabon s’est engagé à réduire ses émissions de CO2 de 50 % d’ici à 2025 comparé à un scénario constant, et l’Éthiopie prévoit de diminuer ses émissions de 64 % à l’horizon 2030. Quant au Maroc, les objectifs sont plus modestes, avec 13 % de diminution en 2030. En ciblant l’Afrique Anglophone, Ségolène Royale veut donc mobiliser au maximum, et espère que les engagements des uns soient précurseurs à ceux de leurs voisins.

Il faut toutefois lire ces chiffres avec précaution car chaque pays choisit l’année de référence qu’il prend en compte pour définir un pourcentage de réduction. Les pays africains ont pour l’instant opté pour prendre le scénario constant (business as usual) comme étalon. Ainsi, un pays dont les émissions auraient doublé à T+1 en considérant un scénario constant et qui décide de les réduire de 50 % aura en fait le même niveau d’émissions à T0 et T+1. Cette méthode comptable permet d’intégrer des objectifs ambitieux sans pour autant entraver le développement économique.

Source: www.quelleenergie.fr